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Chez Qiong ER
Qiong Er est designer. A Shanghai, son appartement est une collision fructueuse entre l’Asie et l’Occident.
Visite guidée
Fille d’une lignée d’artistes et d’architecte, peintre, designer, créatrice de bijoux, galeriste, elle excelle dans tous ces domaines. Qiong Er fait partie de la nouvelle génération de créateurs chinois, mais affiche entre autres particularités son attachement à la France où elle est passée par l’école des beaux arts. Elle nous ouvre aujourd’hui les portes de son appartement de Shangaï.
Qiong Er
Nihao, bienvenue chez moi. Cet appartement, il se trouve au bord de la rivière Suzhou, la rivière Shanghaienne. En Chine, la livraison des appartements est différente d’en France ou ailleurs, parce qu’on livre une boite toute en béton où il n’y a rien. Pour la maison, les gens aiment bien faire plein de petites pièces. Qu’est-ce qu’on va faire dedans, on peut rien faire dedans. La première chose que j’ai faite en entrant dans cet appartement, c’est de casser les murs. Si on voulait trouver une image pour l’appartement, je dirais, c’est une peinture d’encre chinoise : il y a plein de gris, un peu de noir et quelques touches rouges, comme les sceaux chinois sur la peinture traditionnelle. En Chine, on parle beaucoup de Feng shui, par exemple à l’entrée il faut mettre quelque chose. Souvent, les gens mettent un mur, pour que les mauvais esprits n’entrent pas directement chez toi. Ça, c’est une console de ma création, c’est un (inaudible), c’est une inspiration qui vient d’une console traditionnelle chinoise et revisitée dans une nouvelle matière, une nouvelle technologie de production et un nouveau modèle de vie. J’ai peint sur un miroir. Et je l’appelle « promenade d’encre ». L’idée c’est, il y a un proverbe chinois qui dit : une femme à moitié cachée est plus belle qu’une femme qui montre tout. En fait là, avec les reflets qui montrent plus, qui montrent moins, derrière des traces d’encre, ça créé un charme. Ça, c’est une création. C’est un bougeoir, je l’appelle « cage des oiseaux ». Dans l’ancien temps, les Chinois se promenaient avec des cages à oiseaux, c’est une tradition, une partie de la vie. Ça, tu peux le suspendre où tu veux, à la fenêtre, à la porte... où tu veux. Ce sont les tabourets traditionnels chinois. Beaucoup d’amis ont eu peur au début de devoir s’assoir, dîner pendant des heures sans pouvoir poser le dos. Et en fait, c’est tellement confortable parce qu’il y a une courbe là, qui est tellement bien réfléchie que c’est le plus grand confort qu’on peut avoir quand on s’assoit. C’était une de mes œuvres, c’est un mélange de photo noir et blanc avec une peinture d’encre, c’est un mélange de matière, un mélange de la lumière et un mélange d’est et d’ouest, un mélange de l’esprit, pas un mélange de formes. Ça c’est aussi une pièce, un groupe de sculpture d’un jeune artiste thaïlandais qui s’appelle « the line for the life », « la ligne pour la vie ». Ici, c’est une pièce très intime, il y a mes œuvres et en face de mes œuvres ce sont deux peintures de mon grand-père. Deux générations, un siècle de décalage entre nous, mais la même recherche. Ce sont mes créations, photos et peintures d’encre, je les imprime sur un coton. J’ai refait le design de cette couverture. Ça devient unique. Et même si les gens ont envie de faire des copies, ils ne peuvent faire que la forme, ils n’ont pas ce tissu. Ce sont des boites à bijoux des années quarante, cinquante, soixante. Ce que je trouve beau, ce sont tous les dessins faits à la main, qui parlent de mariage parce que ce sont aussi des cadeaux de mariage. Je trouve que c’est une réflexion de cette période de l’histoire, en plus on sait bien que la Chine était un peu dure. Et même pendant cette période-là, il y a encore des couleurs, des joies de la vie. J’ai une influence en même temps chinoise traditionnelle qui reste fortement dans mon sang. Et j’ai une influence française, européenne, qui entre, je le sens aussi profondément dans mon sang. Donc, c’est un mélange naturel et je pense qu’on peut le sentir dans la déco. Moi, ce que je crois beaucoup, c’est qu’un appartement c’est la réflexion d’une personnalité. Moi, je pense qu’ici c’est la réflexion de ma personnalité. Cette double culture




